Auteur
Paul Verlaine
Biographie

Crédit photo : Otto Wegener, 1893

Paul Verlaine naît le 30 mars 1844 à Metz. Il est le fils unique d’une famille catholique de la petite bourgeoisie. Il part habiter à Paris en 1851. Dès son plus jeune âge, Verlaine se passionne pour la poésie. Il obtient son baccalauréat puis commence des études de droits qu’il finit par abandonner.

À Paris, il fréquente les cafés et cercles littéraires, et occupe différents postes dans l’administration. Il espère épouser sa cousine, Elisa, mais celle-ci se marie à un autre homme avant de mourir prématurément en 1867. Profondément marqué par cet évènement, Verlaine tombe alors dans l’alcool et la violence.

Il se marie en 1870 et rencontre Arthur Rimbaud en 1871. Les deux poètes entretiennent une relation amoureuse et mènent une vie errante jusqu’en 1873, lorsque, lors d’une dispute, Verlaine blesse son « époux infernal » d’un coup de revolver. Verlaine est envoyé en prison et, dans le même temps, sa femme, excédée par ses violences, demande la séparation.

À sa sortie de prison, il s’installe un temps à Londres avant de revenir à Paris où il enseigne au collège. Il entame alors une relation avec l’un de ses élèves, mais celui-ci meurt quelques années plus tard, ce qui le plonge dans un profond désespoir. Usé, vieilli, il meurt d’une pneumonie le 8 janvier 1896, après une déchéance physique et sociale.

Bibliographie sélective

Poèmes saturniens - (1866)
Fêtes galantes - (1869)
Romances sans paroles - (1874)
Sagesse - (1881)

Œuvre

Figure emblématique du poète maudit, Paul Verlaine est un auteur majeur du XIXe siècle. Admirateur de Baudelaire, il publie son premier poème dans une revue, en 1863, et en 1866 parait son premier recueil, Poèmes saturniens. Il s’inspire ensuite des peintures du XVIIIe siècle exposées au Louvre pour écrire les poèmes contenus dans Fêtes galantes.

Pendant ses voyages avec Rimbaud, il écrit Romances sans paroles, puis, renouant avec la foi en prison, Verlaine compose des poèmes empreints de mysticisme qui prendront place dans Sagesse (1881) et Jadis et Naguère (1884). La mort du jeune Lucien Létinois, avec qui il entretient une relation, lui inspire plusieurs textes poétiques regroupés dans son recueil Amour (1888).

Vers la fin de sa vie, il écrit quelques poèmes érotiques et pornographiques, ainsi que des écrits en prose, et notamment un essai : Les Poètes maudits (1884 et 1888).

Son œuvre influence de nombreux auteurs, dont les écrivains du symbolisme (Guillaume Apollinaire) et de la littérature décadente (J.-K. Huysmans). Son style unique, à la fois lyrique, mélancolique, subtil et musical, témoigne d’une forte sensibilité et se rapproche, d’une certaine manière, des tableaux impressionnistes.

Citations

« Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone. »

« Chanson d’automne »
Poèmes saturniens , 1866

« Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux cœur de sa lance. »
Sagesse , 1880

« De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. »

« Art poétique »
Jadis et Naguère , 1884

« Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes,
Moi je ne crois qu’en tes mensonges. »

« Tu crois au marc de café »
Chansons pour elle , 1891